Le Mythe du Dragon
Le mythe du Dragon

L’âme du Dragon est une puissance sacrée et énergique, douaire de vie et de mouvement. Il est l’énergie vitale grondante et vivante de nos terroirs.
Les végétaux puisent leurs forces vives dans les veines du Dragon et le royaume des pierres, nourries par l’eau souterraine, le sang de notre mère* la Terre*.
Il est le serpent*terre du courant souterrain lié à l’immortalité et la fécondité, il est la lumière, la vie, la Vouivre…
Etymologie
De l’indo-européen Dak* signifie « briller » d’où Drakôn en grec issu du verbe derkomai (regarder, voire) et par extension vivre, mot voisin de derceunhz signifiant qui dort les yeux ouverts.
Nous retrouverons sous son enveloppe symbolique, la représentation d’une énergie intense à la vitalité perpétuelle et latente.
Nombreux sont les récits dans lesquelles les dragons occupent la place primordiale dans la formation de la cosmogonie. Dans les mythologies primordiales (plus de 5000 ans avant notre ère) il est mention du dragon représenté sous forme d’un colossal serpent doté d’un grand esprit qui serait à l’origine même du monde. On lui impute les éruptions volcaniques, les crues, les tremblements de Terre, l’énergie des sources guérisseuses ainsi que l’érosion sculptant les paysages (personnalisé par Gargantua, géant mythique de nos provinces). Symbole de l’union entre le Ciel et la Terre, il représente les courants d’énergies telluriques innervant la Terre Mère, il est souffle et chaleur de la vie qu’elle recèle en son sein, et qui aspire rejoindre son complémentaire, l’énergie cosmique. Toute vie est voué à ses deux forces opposées et devient le pivot les rassemblant et les unissant en elle.
Par la suite, les livres saints le désigneront sous forme de monstre diabolique, tentateur et ennemi de l’homme…
Dragons et serpents ; récits cosmogoniques
Au sein de la mythologie assyro babylonienne, le dragon est incarné par l’élément primordial, l’eau. C’est de la fusion du dragon incarné dans l’eau douce (Apsou) et du dragon incarné dans l’eau salé (Tiamat) engendrant les premières divinités qui sont « Lahmou » et « Lahamou » que naîtra le principe mâle (céleste) et le femelle (terrestre) qui donneront vie aux Dieux puis aux hommes.
Dans la continuité du mythe, Apsou jaloux de sa descendance conspire avec son épouse Tiamat afin d’éliminer Lahmou et Lahamou.
Les deux dragons primordiaux périrent en combat singulier et le corps de Tiamat fut découpé en deux moitiés, l’une créant la Terre et l’autre la voûte céleste.
Dans la mythologie germano scandinave, deux entités étaient à l’origine du commencement du monde. Le Muspellheim (la région du feu) abritant un géant du nom de Surt et le Nibelheim (la région des glaces). Entre les deux se trouvait l’abîme du Ginnungagap constituant l’abîme originel. Au centre de l’univers se trouve le frêne universel, Yggrdrasil, dominant les neuf sphères sur lesquels il étend sa ramure. Ses trois racines plongent dans trois endroits distincts, l’une dans le séjour des Dieux (Idavoll), la seconde au pays des Géants (Jotunheim) et la dernière est ancrée dans la glace du Nibelheim (pays de la brume).
Chaque jour le serpent Niddhog, qui se nourrit des morts, rogne les racines d’Yggrdrasil pour digérer sa nourriture.
Yggrdrasil est le symbole germain de la mort et renaissance perpétuelle, formant l’union entre le Ciel et la Terre
Niddhog est le symbole du mal, insidieux, sournois et patient
Dans la mythologie grecque : avant la naissance du monde régnait le chaos. De celui-ci apparut Erebe (les ténèbres) et Nyx (la nuit). Nyx créa une immense sphère se scindant en deux moitiés. L’une de ses moitiés forma la voûte céleste (Ouranos) et de la seconde naquit la Terre (Gaïa, déesse chtonienne primordiale)).
L’éclosion de la sphère engendra Eros (l’amour aux ailes étincelantes) qui créa le jour (Héméra) et l’air (Aéther).
Eros qui est « passion » pousse la Terre et le ciel à s’unir, union qui se révélera d’une fécondité illimitée. Il en résulte les 3 Hécatonchires (divinités marines) les 3 Cyclopes ( tonnerre, éclair et foudre) et les douze Titans, êtres gigantesques représentant des forces élémentaires régnant sur le Monde au commencement des temps, les plus connus sont Hypérion (le feu) Océanos (océan, fleuve) et Cronos (le temps). Dans la descendance des Titans nous trouveront, Hélios (le Soleil) Eos (l’Aurore) et Séléné (la Lune)
Les Titans terminèrent emprisonnés dans l’antre de Tartare (divinité issue du chaos, demeurant au plus profond du monde souterrain).
Gaïa engendrera seule du Limon déposé par le déluge, Python, serpent prodigieux et malfaisant qui veillera sur l’oracle de Delphes. Il entourait le pommier des Hespérides et gardait les pommes d’or de la sagesse. Il est le père du dragon Ladon et l’Hydre de Lerne engendré avec Echidna (créature au visage de femme et corps reptilien).
Nous trouverons également
Jörmungand le serpent cosmique, gigantesque serpent de mer encerclant le monde en se mordant la queue, l’ouroboros des alchimistes.
Sa forme circulaire donne lieu à diverses interprétations
- Il symbolise le cycle perpétuel de la nature. Sa connotation circulaire évoque
l’idée de continuité, du mouvement, le continuel retour. Il est l'éternelle unité
de toutes choses, incarnant le cycle de la vie et la mort en parcours clos.
- Il est l’union de deux principes antagonique : le Ciel et la Terre, le jour
et la nuit et toute autres valeurs porteuses d’opposés.
- Il se mord la queue afin d’entretenir son équilibre avec celui du Monde qu’il
entoure. Il symbolise la nécessité de l’homme d’intégrer son moi divin. Le
cercle qu’il représente rompt avec une existence temporelle linéaire et marque
un changement vers un état supérieur.
Ouroboros
Physionomie et symbolique du Dragon
Il est l’une des créatures mystique des plus connues, figurant dans les légendes populaires de presque chaque pays dans lesquelles il est définit comme étant une créature sage, sagace et chevronnée en magie. Héros bienfaisant ou maléfique, objet de culte, de lutte acharnée ou terreur sacré, le dragon est souvent représenté sous un aspect reptilien couvert d’écailles, doté de serres, de dents acérées, d’une queue en forme de dard et nanti de la particularité de vomir des flammes. Selon les mythes, sa physionomie est plus au moins variée ainsi qu’ambiguë, il apparaît tantôt ailé, amphibien, félin, possédant plusieurs têtes etc.…tel une composition d’animaux dissemblables.
Dans l’Antiquité et Moyen âge, il occupe un rôle important au sein des légendes héroïques, la victoire sur un Dragon couronnait la vie des héros légendaires tel que : Le roi Arthur, le chevalier Lancelot et Tristan (du cycle arthurien), Siegfried (tueur de dragons dans le mythe nordique), St Georges et bien d’autres encore…
Il est un emblème de puissance et royauté dans les mythologies celtiques et nordiques, titre pour lequel on le retrouve sur les bannières ainsi que sur les proues des navires vikings.
Dans l’alchimie, le Dragon tient une place prépondérante pour son énergie vitale « le souffre des philosophes » et sa force prodigieuse nommée « sperme de la nature » (caractérisé par le Jade en Chine), de son feu intérieur naîtra le mercure philosophique.
On y distingue son activité enclose dans le corps minéral !
En Asie il est une entité noble, créatrice et inspiratrice entretenant in lien puissant avec la nature dont il est issu. Il est l’union de la matière et de l’esprit.
Le dragon arthurien.
Dans la légende, avant la naissance d’Arthur, Merlin aida Uther Pendragon à se ressaisir du trône usurpé par Vortigern. Merlin fit déterrer deux dragons, l’un rouge l’autre blanc en dormance dans les profondeurs de la Terre, il était dit que l’Angleterre quitterait son ère de paix à leur réveil. Aussitôt les deux dragons s’affrontèrent dans une lutte terrible dans laquelle ils périrent ensembles. Merlin annonça à Vortigern que cette lutte annonçait la prochaine attaque d’Uther ainsi que la fin de son règne. Impressionnés par la révélation de Merlin, les habitants du royaume se rallièrent à Uther et enflammèrent le château de l’usurpateur qui mourût par le feu. Dès lors le futur père d’Arthur fit du dragon son étendard.
On retrouve la lutte du dragon rouge et du dragon blanc dans une légende Galloise. Suite à une terrible confrontation, les deux dragons finissent par tomber ivre morts au fond d’un chaudron d’hydromel qui fût enterré au centre de l’île de Bretagne, à Oxford. Dans la croyance aucun mal ne surviendrait aux habitants de l’île tant que les dragons resteraient ensevelit.
Nous retrouverons dans
ce mythe de profonds archétypes symboliques
La version ordinaire de cette légende se limite à une prédiction à l’encontre de Vortigern issu de la lutte des deux dragons et leur mort. Sous son aspect symbolique les deux dragons représentent les deux natures fondamentales, la positive et la négative dormant sous les fondations de l’être. Dans l’histoire du roi Arthur la tour sous laquelle reposent les deux dragons s’ébranle trois fois, ne s’agirait il pas d’une métaphore de l’être qui, cause au dualisme le composant, s’ébranle à plusieurs reprises lors de son existence ? Dans l’histoire le dragon rouge référence à la force et le blanc à l’esprit, c’est seulement à travers l'abrogation des deux (donc à travers la mort des dragons) que l’union se réalise.
Dans l’extrait du mythe Gallois, rien ne peut survenir tant que les dragons sommeillent au fond de leur chaudron, n’y trouvons nous pas une symbolique d’un caractère analogue. En d’autres termes tant que le coté ténébreux de la personnalité d’un être reste maintenu et contrôlé par lui, or il lui faut s’accorder avec ses puissances destructrices et en tirer de la force, le moi ne peut triompher si il n’a d’abord assimilé et maîtrisé l’ombre.
C’est l’un des messages clefs de l’axe du dragon astrologique qu’on abordera un peu plus loin*
Dragon et éléments
Les entités draconiques sont à l’image de élément dans lequel ils évoluent et de leur lieu de manifestation tant au plan physique qu’au niveau de leur caractère
Leurs caractéristiques diversifiées illustrent leur polyvalence
Les initiés de la magie draconique nous révèlent l’existence de neuf « lignées » de dragons selon leur connaissance et que chacune d’elle serait régentée par un supérieur ou roi.
On y retrouve les quatre dragons liés aux éléments.
1* Les aériens, associés au vent, tempêtes et climats, en perpétuel
mouvement, vagabonds, dansant et très bavards.
Leur régent est Sairys, lié au lever du soleil, printemps, encens, le souffle…
2* Les ignés ou magmatiques, associé à la foudre et au brasier, dotés d’une puissante énergie, imprévisibles, dévastateurs…
Régenté par Fafnir, lié au soleil, au sang, dague et épées, été…
3* Les aquatiques, associés au raz de marées, calme, patient et modestes mais insensibles, s’emportant avec froideur et brusquerie…présents dans toutes les eaux, son domaine est l’émotion.
Régenté par Naëlyan lié au coucher du soleil, à l’automne
4* Les chtoniens, associés aux profondeurs de la Terre ainsi qu’aux activités sismiques et telluriques, ils sont stables, prospères et mélancoliques.
Leur régent est Grael qui est lié à l’hiver, aux pierres, l’obscurité
Ensuite nous avons les grands Dragons équilibrant les énergies
1* Le dragon de lumière où dragon blanc représentant « l’esprit »
Il est courant masculin, chef des énergies cosmiques primaires et constructives, juste équilibre des forces. Gère les polarités positives et actives.
2* Le dragon de l’ombre ou dragon noir relié à « l’ombre de l’esprit »
Il est courant féminin même activité que le précèdent avec lequel il forme une unité parfaite, sauf qu’il gère les polarités négatives et passives
3*Les dragons de l’ordre - Cycles de germination, renaissances et restructuration
Si il y a de grandes perturbations ou changements, ils sont dans le coin !
4*Les dragons du chaos lié à la destruction et reconstruction, agissent rapidement de façon drastique et fatale (inondations, éruptions volcaniques etc.) ils agissent en binôme avec ceux de l’ordre.
Et bien sûr pour finir
5* Les dragons gardiens et protecteurs
Ils sont amicaux, protégeant ceux qui les aiment tout en leur enseignant les savoirs occultes
Tout ceci nous éclaire sur leurs variances et présence en tout élément physique et éthérique.
Aurores boréales
Phénomène physique et lumineux provoqué par l’interaction des particules chargées du vent solaire et de la haute atmosphère. Boréal signifie Nord, dans le Sud ce sont des aurores australes.
Ne retrouvons nous pas là une admirable manifestation du dragon ?
Photos de Gilles Boutin et Dominique Cantin
Le dragon dans l’astronomie
La constellation du Dragon s’élève dans le ciel avec celui de l’épi de la vierge à l’équinoxe de printemps et s’enfonce dans l’abîme à l’équinoxe d’automne avec Arcturus
Dans l’astrologie
La queue de Draco, le serpent dragon de la constellation éponyme est formée des deux nœuds de la Lune, le noeud nord nommé tête du dragon et le nœud sud nommé queue du dragon.
Les nœuds solaires sont des points calculés en fonction de l’orbite de la Lune et possèdent de nombreuses significations au sein de l’astrologie.
L’axe de ses deux nœuds est appelé « axe de destinée », il est dépendant du cycle de la Lune et représente l’axe de l’initiation de l’être à travers son chemin de vie. L’axe du dragon est une sorte d’immense clef céleste dénouant nos blocages, réservoir de notre raison d’être au delà des apparences matérielles. Il est le révélateur, guide fidèle de notre voie, la découverte de la source inestimable qui nous habite afin de pouvoir emprunter le chemin de la lumière.
Il ne tient qu’a l’homme d’expulser l’obscur afin d’y intégrer la lumière, savoir se dépouiller de ses blocages inconscients afin d’atteindre un changement d’état et devenir dès lors acteur conscient de sa propre destinée, encore ne faut il pas se reposer sur ses lauriers, cela implique patience, endurance et volonté, sachons aussi que d’un dragon vaincu peut en ressurgir un autre, c’est un travail sur toute une vie, voire plusieurs….
Revenons maintenant à la symbolique des nœuds.
Ils sont toujours en corrélation avec une action où un dénouement porteur d’une solution ou délivrance. De par l’image de son enchevêtrement le nœud illustre des notions tel que la contrainte, les difficultés, complications etc, qui peuvent être dénoué. L’axe des nœuds est celui qui lie le nœud sud et délie le nœud nord.
La queue du dragon (nœud sud)
Il est associé à l’animalité et aux instincts, au passé karmique et génétique, aux habitudes ancrées de l’individu. Il est empêtrement et blocage dans la matière, ambivalence, conflit, inconscience, souffrance, ignorance et obscurité.
Rester établit sur son nœud sud est favoriser la stagnation, la passivité, ignorer ses erreurs et se contenter de vivre sur l’acquis et le connu. La queue du dragon symbolise la matière et les jouissances terrestres.
La tête du dragon (nœud nord)
Elle est associée à l’avenir, réfère au devenir potentiel de l’être, à son libre arbitre qui se gagne sous réserve d’avoir assimilé les dures leçons du nœud sud.
C’est un principe actif basé sur l’ardeur d’éclairer et ordonner les choses, la volonté de se gouverner soi même, s’ouvrir sur la compréhension et la connaissance, c’est l’intégration du « moi » divin, éveil spirituel et ascension.
Cheminer vers le noeud nord est se lancer dans la spirale de l’évolution et du détachement de la matière.
Le principe de ses deux nœuds ne s’opposent aucunement mais se complètent. Il faut comprendre et parvenir à se détacher du nœud sud avant de se lancer à la conquête du nœud nord.
Pour résumer en gros « tuer le dragon avant d'aboutir au trésor »
Les Dragons de nos folklores
Dans nos folklores, le dragon, comme le serpent, vivait dans les marais, au bord des fleuves et au sein des forêts. Nombreuses sont les anciennes villes de France possédant leur mythe sur un dragon terrassé. Il était la créature dont on devait se débarrasser lors de l’établissement d’une ville.
Quelques noms et situations géographiques
- Bête –Rô à la Rochelle
- Coulobre de la fontaine du Vaucluse
- Drac en Auvergne et en Dauphiné
- Dragon en Province
- Dragon-Doré à Douai
- Galipote en Poitou
- Gargouille à Rouen :
- Chairsallé de Troyes
- Dée de Monthléry
- Grand Baila à Reims
- Graouilli à Metz (différent car possède un bec de canard) vient du germain « graülich » effrayant
- Machecroûte à Lyon
- Grande Goule à Lyon
- Malobestio à Toulouse (signifie *mauvaise bête)
- Firandefioule de Poitiers nommée Sainte Vermine et parenté au Wurm* germain (racine pré indo-européenne signifiant « ver, vermisseau »
- La Tarasque à Tarascon et autres cités de la vallée du Rhône.
Mythe semblant transparaître : celui du combat entre Taranis et un dragon destructeur Gaulois, Tarascus, la fameuse Tarasque médièvale .La christianisation de la Gaule à transformé ce mythe en celui du combat entre St Georges et le Dragon
- Grand Matoute ou Piterne en Normandie
- Gargourite en Bretagne (île d’Yeu)
- Gara Mado en Allauch
Légende du Trou Baligan
Le Trou Baligan, situé au pied du Cap de Flamanville, était une faille s’ouvrant sur près de 200m dans le cœur de la falaise. Dans la mythologie, un dragon à sept têtes y aurait élu demeure et terrorisait la peuplade. Le monstre du Trou Baligan dévorait les enfants et s’en faisait rituellement livrer par les villageois sacrifiant régulièrement quelques uns des leurs. Ce massacre dura ainsi jusqu’à l’arrivée en Normandie du futur patron de la paroisse, porteur de la nouvelle religion, Germain Scot. Il débarqua à Flamanville sur une embarcation en forme de roue et parvint à débarrasser la contrée du fléau qui l’habitait. Il vaincra le dragon en le transformant en un immense bloc de granit veiné du sang rouge de ses victimes. Dans une autre version de l’histoire Germain Scot aurait noyé la créature dans une gigantesque mare à proximité de son repère
A la pointe du cap, près du sémaphore, ses forces telluriques sont encore affirmées par le dolmen de la Pierre au Rey, œuf de granit de plus de 10 tonnes posé sur trois autres blocs. Il est le seul monument mégalithique dûment répertorié sur la commune.
Earawièl…